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Jun

Que vous soyez amateurs de bière ou non, vous avez très certainement remarqué que le monde brassicole québécois a pris une expansion phénoménale depuis deux décennies. Il y a vingt ans, la bière se résumait à quelques grands brasseurs et une poignée de passionnés qui tentaient tant bien que mal de démarrer leur petite entreprise houblonnée. Les temps ont bien changé et l’offre dépasse largement ce qu’on peut se permettre d’ingérer avant de sombrer dans un delirium tremens tout sauf souhaitable. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au monde de la bière, je pouvais me targuer, sans être trop vantard, de connaître la plupart des microbrasseries, des brouepubs et des bières québécoises. Maintenant, franchement dépassé, je me plais à dire que je suis en perpétuelle désuétude, malgré ma jeune trentaine. C’est sûrement ce qui me permet de garder un regard émerveillé sur le monde des microbrasseries d’ici et d’ailleurs.

Brasseurs et Frères est à l’image du monde brassicole, florissant et changeant, en mouvement, comme la société qui l’a fait et vu naître. Acquise dernièrement par trois passionnés chevronnés, elle change de nom et de catalogue. Passant du cocon au papillon, elle se métamorphose sous nos yeux en Brasserie Dunham. Fini le relais de la diligence et son bestiaire du Far West, maintenant c’est la bière qui prend les atèles et qui parle en son nom. Nous côtoieront dorénavant des IPA belges, américaines, anglaises et même noires, des blanches et blondes, avec des caractères distincts qui nous donneront plus que jamais le désir d’y revenir avec les plus grands des plaisirs. Les bières étaient déjà typées chez B et F, empruntant fièrement à la tradition brassicole mondiale, dans le cas de Dunham, cela semble plus être un travail de synthèse et d’hybridation, de création à proprement parler, qui motive la troupe nouvellement en place.

J’ai eu la plus grande des joies de découvrir les trois premières nouvelles venues il y a un certain temps déjà, avec quelques amis vaguement initiés, et nous sommes unanimes: elles sont toutes spectaculaires. Il est évident que le travail des brasseurs est de haute voltige et que nous avons à faire à une nouvelle compagnie qui sait où elle se dirige. Et c’est sans surprise que nous avons appris que la Noire de l’Ours, bière noire à l’érable, fut primée à Strasbourg en 2010. Si, dès sa création, une microbrasserie sait se démarquer et être primée, il y a lieu de se demander ce qui se passera dans les prochaines années. Pour le moment, les nouveaux propriétaires s’acharnent à créer des bières mémorables dont on ne peut se détacher par la suite. Le mandat est simple, non ?

Que vous soyez amateur de bières typées, corsées et à fort degré d’alcool ou que vous préfériez une bière passe-partout qui s’enchaîne sans trop qu’on s’en rende compte, Brasserie Dunham saura charmer vos papilles et vos autres sens sans trop de difficulté. Pour ma part, dès que l’occasion sera possible, j’irai faire un tour dans les Cantons de l’Est pour rendre visite aux chemins qui m’ont tant de fois accueillis au fil de ces dernières années. J’irai aussi dire bonjour à ceux qui concoctent les bières qui ensorcelleront mes chaudes soirées d’été. Si vous ne pouvez pas aller à Dunham, passez à Latina et prenez la route sans quitter l’île, en buvant une de leurs créations !

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